Déjà 12 ans à la barre de Tricolaine

Une nouvelle infolettre

Pour les 12 ans de Tricolaine, je prends un peu de temps pour faire un bilan, et enfin, débuter cette info-lettre afin de mieux partager avec vous les idėes, les nouveaux cours, les nouveaux produits, des infos intėressantes ou des évènements spėciaux autour de Tricolaine.

La petite histoire, ou  la pré-histoire!

Comme je le dis souvent, dans une « vie antérieure », je travaillais dans le domaine de l’enseignement, plus précisément comme professeur en Techniques Juridiques au Collège O’Sullivan de Montréal. Ayant été engagėe dès les tout débuts du Programme, j’ai accueilli les premières cohortes, monté 13 cours différents pour ce programme de DEC sur 3 ans, et supervisé les ėtudiants-stagiaires lors de leur stages en entreprise au 6e semestre! Une belle aventure qui a duré de 1991 à 2006, ponctuée d’un congé de maternité, de l’achat d’une maison et …d’un burn-out!

En septembre 2004, mon corps et mon cerveau ont disjonctė! De la super-woman que j’étais, je suis devenue…un bėgonia! J’en ris aujourd’hui, mais j’ai vraiment eu peur de rester dans cet état végétatif pour le reste de ma vie! Pour ceux et celles qui sont passés par une dépression sėvère, vous comprendrez: chaque jour, se faire violence pour se doucher ( je serais restée en boule cachée dans mon lit toute la journée), prendre son courage à deux mains pour demander de l’aide, essayer de survivre au quotidien tout en se sentant broyée par en-dedans.

Vivre avec un gros nuage noir menaçant au-dessus de sa tête, avancer dans un tunnel sombre et être dėgoûtée par tous les choses qui me faisaient tant plaisir auparavant: cuisiner, coudre, jardiner, lire, décorer.

Je me souviens encore d’avoir planté avec rage et gros sanglots des bulbes d’iris que Maman m’avait donnés: je les ai plantés par devoir, pour ne pas me sentir coupable, pour ne pas la/me décevoir, sans plaisir aucun!

Mais elle savait, elle, que le printemps aller succéder à cette mauvaise saison sans fin, cet épisode noir où j’irais à la rencontre de ce qui me définissait vraiment.

Et, peu à peu, un jour à la fois, je me suis dėconstruite et recollé les morceaux, et cette fragilité nouvelle est devenue ma force! Et maintenant, je remercie la vie de m’avoir obligée à me mettre à off et faire un reset complet!

Après cette pause forcée, il y a eu un retour au travail, mais le coeur n’y ėtait plus.

Une année sabbatique plus tard, je me suis férocement mise au tricot, offert des cours bénévolement au Cercle des Fermières de mon coin, acheté quelques pelotes

de Diane, alors la propriétaire de Tricolaine, l’entendre dire qu’elle serait bien prête à passer le flambeau…. Et un beau matin, j’ai vu, ou cru voir…un mouton!

Sur ma route, un court instant, et je l’ai interprété comme un signe!

Et c’est comme ça que je suis passėe de professeure-sortant-d’un-burn-out à propriétaire d’une boutique de laine! C’était un petit bateau, mais j’en serais la capitaine, moi qui ne connaissais rien de la navigation, de l’entrepreneuriat, des fins de mois difficiles! Moi qui ai peur de l’eau, j’ai plongė, et depuis je n’ai pas cessé de faire de merveilleuses rencontres, d’appendre, d’expérimenter, de douter parfois.

Et d’avancer… suite la prochaine fois!

Jacynthe Blier Janvier 2019