
Produits disponibles:
Garnstudio Alpaca Aig. 2.5-3.5mm 180m $7.50
Sandnesgarn Alpakka Aig. 3.5-4mm 100m $8.00
Bergère de France Lima Aig.3-3.5mm 110m $8.50
Quand les Conquistadores espagnols ont découvert le Nouveau Monde, les Incas réservaient déjà cette fibre luxueuse à l’élite locale. Cependant, les envahisseurs n’avaient que faire des alpacas dont cette fibre est issue, les repoussant de plus en plus haut sur les plateaux des Andes, au profit de leur moutons Mérinos. Résultat : l’alpaga est restée méconnue, jusqu’à ce qu’un marchand Britannique, Sir Titus Salt, en découvrit les vertus au milieu du 19e siècle. Depuis, l’alpaga est venue rejoindre le cachemire et la soie au rang des fibres de luxe.
Un peu de généalogie
Les alpagas auraient été domestiqués il y a plus de six mille ans, et leurs ancêtres auraient broutés les grandes plaines de l’Amérique du Nord il y a quarante million d’années.
Malgré la disparition des progéniteurs à la fin de l’ère de glace (il y a environ 11,000 ans de cela), ceux qui avaient migré en 2 groupes, il y a de ça 2.5 millions d’années, ont survécu et se sont multipliés. Un premier groupe, qui aurait emprunté le passage de Béring vers l’Asie, aurait évolué pour former deux espèces distinctes, du genre Camelus (le dromadaire et le chameau).
Les animaux du deuxième groupe seraient partis vers le Sud, et formeraient les 4 espèces du genre Lama ( sans bosses dorsales) : les vigognes et les guanaco, vivant à l’état sauvage, et les lamas et les alpagas qui seraient, avec les moutons, les animaux dont la domestication par les humains est la plus ancienne.. De nos jours, quatre-vingt dix-huit pourcent des 3.5 millions d’alpagas vivent encore en Amérique du Sud – au Chili, au Pérou et en Bolivie : en effet, l’exportation des alpagas est demeurée illégale jusqu’en 1984. Quoique les poils de ces quatre sous-espèces produisent des fibres pouvant être filées et tricotées, seul l’alpaga est produit commercialement.
Une bête curieuse et intelligente
Les lamas sont bien connus pour leurs petites habitudes : les alpagas partagent plusieurs points communs avec eux, notamment leur capacité à communiquer entre eux en humming, certains battements d’oreilles et en crachant! Ils sont relativement petits (un peu moins d’un mètre, entre 100 et 175 livres), et démontrent une exceptionnelle capacité d’adaptation. Se nourrissant de ichu, une herbe croissant dans les hauts plateaux des Andes, ils n’ont presque pas besoin d’eau pour vivre. Contrairement à leurs cousins les lamas, vigognes et guanacos, leur toison ne comporte pas de couche rugueuse; ils n’ont que la couche de toison douce se déclinant en 22 couleurs naturelles, du noir jet aux teintes de bleu-gris, caramel, rouge et toutes les teintes de brun. L’élevage se concentre maintenant sur les alpagas blancs ou beige pâle, puisque leur toison peut être teinte dans toutes les couleurs à la mode.
Il y a deux types d’alpagas : les Huacaya ( formant 95% de tous les alpagas) dont la fourrure est droite, et les Suri, aux poils bouclés. L’alpaga disponible provient presque exclusivement des Huacaya , dont les poils sont élastiques et se filent facilement.Tondue annuellement, la toison pèse de 4 à 8 livres.
La production mondiale d’alpaga se chiffre à 4 mille tonnes par années, très peu en comparaison de la production de laine de mouton, qui s’élève environ à 2 millions de tonnes annuellement.
Les caractéristiques de la fibre d’alpaga
La principale caractéristique et qualité de l’alpaga est sa douceur : son toucher est crémeux, soyeux et très doux. Cela s’explique par la finesse du poil, qui se mesure en microns (un micron mesure un millième de mètre. Les qualités vont du royal-baby (maximum 18 microns) au super-fin, d’une moyenne de 25.5 microns. Au-delà de 34 microns, on classe le poil sous l’appellation « llama »et ce, même s’il provient d’un alpaga!
Les autres qualités de l’alpaga sont les suivantes : lustre, extrême résistance, et chaleur : en fait , l’alpaga est sept fois plus chaud que la laine, ce qui s’explique par la présence de petites poches d’air dans la fibre. De plus, les écailles des poils étant si petits en comparaison de la laine, les personnes les plus sensibles peuvent porter l’alpaga sans éprouver de grattements. De même, puisque l’alpaga ne contient aucune lanoline, les personnes qui sont allergiques à cette substance peuvent être tranquilles!
Enfin, l’alpaga ne bouloche pas!
L’alpaca en mélange
Pour maximiser ses propriétés naturelles, l’alpaga est souvent mélangé à d’autres fibres, notamment la laine : un mélange de 70% d’alpaga et de 30% laine redonnerait à l’alpaca l’élasticité dont elle manque, sans nuire à sa douceur, ni à sa durabilité et sa chaleur. On mélange aussi l’alpaga au mohair, ce qui ajoute du lustre et de la durabilité ; avec la soie, l’alpaga gagne du lustre; mêlée au coton, l’alpaga est moins chaude et devient une fibre toute saison.
Tricoter l’alpaga : ce qu’il faut savoir!
Choisir un projet qui met en valeur les caractéristiques de l’alpaga : un châle ou un foulard. Pour les vêtements ou accessoires qui touchent la peau, le bébé alpaga est tout indiqué.
Pour les vêtements d’intérieur, choisir les fils assez fins ( fingering ou sport weight).
Gardez les fils plus gros (worsted et bulky) pour les vêtements d’extérieur, à moins que votre maison ne soit très froide!
Pour un vêtement léger, mais très chaud, les points ajourés et les dentelles sont tout indiqués : éviter les torsades et les points trop denses, car le poids de la fibre fera en sorte que le tricot aura tendance à s’étirer.
Comme l’alpaca manque d’élasticité, travailler les côtes très serrées, en tricotant les mailles torses pour mieux les fixer. Les bordures non-côtelées fonctionnent très bien.
Si vous tricotez plusieurs couleurs, préférez l’intarsia ( fils croisés aux changements de couleurs) aux fils tissés : en effet, l’épaisseur des fils fera en sorte que votre tricot sera chaud (trop chaud!)
Portez une attention particulière aux finitions et à la rentrée des fils : l’alpaga a naturellement tendance à glisser et est moins flexible que la laine : il faudra donc bien arrêter les fils!
Comme l’alpaga a tendance à s’étirer, éviter les tricots circulaires : les coutures stabilisent le tricot : de même, les épaules devraient être rabattues avec 3 aiguilles, et non pas greffées. Les manches raglans sont particulièrement adéquates; et les manches pourraient aussi être tricotées du haut vers le bas : si elles s’étirent , elles seront plus faciles à raccourcir!
Evitez les fermetures éclair et les boutons trop lourds; on recommande une bande de boutonnage faite de mailles relevées, tricotées en point mousse, perpendiculaires au tricot.
Les aiguilles de bois seraient préférables à celles en métal; si la fibre est trop glissante, on pourrait même sabler légèrement les aiguilles de bois avec du papier sablé très fin.
Finalement, l’échantillon devrait être tricoté plus grand que d’habitude : un carré de 30 centimètres serait idéal : lavez-le, et suspendez-le . Une fois bien sec, mesurez les mailles et les rangs en le gardant suspendu : vous aurez une meilleure idée du tricot et pourrez ajuster le nombre de rangs si nécessaire.
L’entretien des tricots d’alpaga.
Comme les mites adorent les fibres protéinées comme l’alpaga, surtout si elles sont sales, il faut bien laver nos tricots. Laisser tremper une demi-heure dans une solution d’eau tiède et de savon, (genre Eucalan); presser légèrement : rouler dans une serviette pour absorber l’excédent d’eau. Bloquer en forme et utiliser un ventilateur au besoin.
Traduction par Jacynthe Blier
Texte original:Charlotte Quiggle , Interweave Press, Interweave knits, Automne 2000.
|